Précommande du roman l’U.C.A.

Bonjour à tous,

J’ouvre ce jour les précommandes pour mon dernier roman l’U.C.A. Il est aussi possible de commander mes autres romans publiés.

UCA

Pour passer commande, je vous invite à cliquer sur le lien suivant et à lire la marche à suivre :

Bon de commande : http://bit.ly/BonComUCA

Pour toute question, vous pouvez me joindre par mail.

Merci par avance pour votre attention et à bientôt

Kher’

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[Extrait] Double Jeu – Part 4 – Chapitre 06 – Nouvel appel

Bonjour ^^

Cela fait quelques temps que je n’ai pas posté. Alors pour me rattraper un peu, voici un nouvel extrait de Double Jeu.

ExtraitDoubleJeu5

J’espère que vous avez aimé ce passage.

Si vous désirez en savoir plus sur cette histoire, son résumé et lire les 5 premiers chapitres, je vous invite à vous rendre sur sa fiche.

Je rappelle aussi que ce roman ainsi que mes autres publications se trouvent sur ma page auteur d’Amazon.

PromotionDouble Jeu

Voilà ^^

A bientôt !

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U.C.A – Chapitre 2

« Attention, il s’agit d’une histoire avec présence de romance M/M. Si le genre vous dérange, passez votre chemin.
Vous voilà prévenus. »

UCA

Il s’agit de la version non corrigée

Chapitre 2 – Première enquête

Le temps d’informer leur nouvel équipier de la nouvelle enquête que l’Unité de l’Ombre s’était vue attribuer, la nuit était tombée, étendant ses longues ailes sombres sur New Seattle. Comme décidés d’un commun accord, les membres de l’équipe se rendaient finalement sur les lieux du meurtre.
Installé à l’arrière du fourgon, sur le cinquième siège, un peu en retrait de ses équipiers, Saménès regardait le paysage défiler devant ses yeux. Il demeurait silencieux, écoutant les conversations de ses nouveaux collègues. Il se montrait particulièrement discret et calme, n’osant poser de questions ou même s’incruster dans les discussions. Ce n’était pas dû à de la peur, mais plutôt à de l’intimidation vis-à-vis de ces hommes dont la réputation n’était plus à refaire. Cette unité était considérée comme la meilleure de l’U.C.A et lui, il avait été choisi pour l’intégrer. Il ne s’y attendait pas, surtout au vu de ses notes aux examens, ce qui le troublait particulièrement. Saménès n’était pas le genre d’homme à se faire remarquer. Il préférait rester discret, ne pas éveiller la curiosité de son entourage. Pourtant, le choix du chef enquêteur de l’Unité de l’Ombre s’était porté sur lui. Pourquoi l’avait-il sélectionné plutôt qu’un autre placé en tête du classement ? Quel détail de son dossier l’avait attiré ? Quelle compétence recherchait Kéran Solikor pour son équipe ? Autant de questions sans réponses qui laissaient Saménès pensif. Il n’arrivait pas à se trouver de qualités intéressantes et mentionnées dans son dossier qui auraient pu attirer l’attention sur lui.
— Tu as l’air contrarié, Saménès, constata Kéran machinalement sans relever les yeux de la tablette qui affichait les informations relatives à leur nouvelle enquête. Tu as un souci ?
L’interpellé fut quelque peu surpris par la question et observa un instant son supérieur. Puis son regard se reporta à nouveau sur le paysage défilant derrière les vitres fumées du fourgon.
— Non aucun. Tout va bien, répondit-il d’une voix calme, presque inaudible.
Mais cette réponse ne parvint pas à satisfaire le chef enquêteur. Ce dernier activa la veille de la tablette avant de la poser sur ses genoux. Il appuya ensuite sur un cadran situé sur l’un des accoudoirs et son fauteuil qui pivota doucement pour lui permettre de faire face à Saménès.
— Pourtant, tu me sembles songeur, remarqua-t-il en le dévisageant.
— J’étais effectivement plongé dans mes pensées. Je suis désolé de vous avoir inquiété.
— Peut-on les connaitre ? Si ce n’est pas trop indiscret.
Saménès quitta les yeux le paysage pour soutenir le regard acier de son supérieur. Il hésitait à répondre, plutôt mal à l’aise devant la situation. D’une part, il n’aimait pas parler de lui et encore moins de ce qui pouvait le tracasser. D’autre part, les interrogatoires avaient tendance à le rendre nerveux. Et, il savait à cet instant que cette question était une façon d’en amener une autre pour l’obliger à se dévoiler. Bien entendu, Kéran était en droit de le faire afin d’en apprendre un peu plus sur son nouvel élément. C’était le devoir de tout bon chef d’équipe de connaître ses partenaires. Saménès allait devoir s’y plier, comme tout le monde.
— Je t’écoute, insista Kéran avec une certaine rudesse dans la voix. Tu comptes me répondre, oui ou non ?
— Excusez-moi…
— Je ne te demande pas de t’excuser. Je veux juste savoir si tu es disposé à nous révéler ce qui te rend si songeur.
Malgré l’attitude un peu brusque de son supérieur, Saménès resta calme. Il se gratta machinalement le cuir chevelu, comme s’il cherchait les bons mots avant de se lancer.
— Je me demandais juste pourquoi vous m’aviez choisi. Pourquoi pas un autre meilleur que moi. Il y a des diplômés à l’académie qui ont obtenu de meilleurs résultats que moi. Ils auraient certainement été meilleurs que moi. J’essaye donc de trouver des raisons logiques.
— C’est tout ?
— N’est-ce pas déjà un bon motif qui amène à réfléchir et à me laisser pensif, répliqua franchement le jeune homme avec un sourire.
Kéran fronça un peu les sourcils ce qui eut pour effet de durcir son regard. Il ne s’était pas attendu à une réponse aussi directe de la part du nouveau venu. N’était-il pas mentionné dans son dossier qu’il aimait être discret et ne pas se faire remarquer ? Mais Kéran décida de mettre ce détail sur le dos de la nervosité. N’importe quelle personne le serait en intégrant son équipe. Toutefois, il ne détourna pas pour autant son regard perçant du jeune homme qui intimidé et réalisant son attitude vis-à-vis de son supérieur détourna aussitôt les yeux.
— Excusez-moi, chef Solikor, marmonna-t-il en se raclant la gorge.
— Cesse de t’excuser à tout va. Cela va vite devenir…
— Kéran, coupa brusquement Yawx en faisant aussi pivoter son fauteuil en direction de Saménès. Tu ne vois pas que tu le rends nerveux ? Tu pourrais te montrer un peu plus aimable avec lui. Mets-toi à sa place un peu. Être choisi par le grand Kéran Solikor pour intégrer son équipe, il y a de quoi être troublé. Je suis certain qu’il n’a aucune envie de t’agacer ou de te décevoir.
— Je n’ai rien de « grand », Yawx. Je suis comme tout le monde.
— Alors, essaye de te montrer un peu aimable, comme tout le monde. Montre-nous tes bons côtés, termina Yawx en faisant un clin d’œil à son supérieur avant d’offrir un sourire rassurant à Saménès.
Kéran secoua la tête de dépit devant l’attitude de son informaticien. Il fit à nouveau pivoter son fauteuil pour tourner le dos à ses équipiers et porta son attention sur le paysage. Le chef enquêteur n’avait, pour le moment, aucune envie de se montrer agréable avec son nouveau subordonné. Il voulait vérifier s’il allait être capable de supporter la pression, s’il était assez stable psychologiquement parlant pour ce travail. Kéran n’accordait pas une grande confiance aux tests effectués à l’académie. Il y avait toujours une possibilité de les truquer, de les contourner ou de les rendre erronés.
Quelques années auparavant, un homme était sorti de l’académie avec de bonnes notes et avait intégré une unité de l’U.C.A. À aucun moment son instabilité psychologique avait été remarquée, et ce malgré les tests effectués. Une catastrophe qui aurait pu être évitée avait eu lieu causant la mort de trois personnes. Même si Kéran et son équipe n’avaient pas vraiment été concernés par ce drame, celui-ci l’avait convaincu que les examens psychologiques n’étaient pas une garantie.
Après une demi-heure de trajet silencieux, les cinq hommes arrivèrent sur les lieux de l’agression. Raak qui pilotait le fourgon repéra une place de parking et y inséra son véhicule. Ce dernier se posa doucement au sol avant que les propulseurs ne s’éteignent. L’Unité de l’Ombre sortit du fourgon dans le silence le plus complet et s’avança dans la rue.
Un cordon laser de sécurité avait été tiré tout autour de la scène de crime et des spots lumineux éclairaient les environs. Quelques passants curieux s’arrêtaient pour regarder la mare de sang qui maculait le sol, sans pour autant tenter de s’approcher plus. Trois gardes de la police restaient constamment sur place afin de surveiller les environs. Ils s’assuraient que personne ne pénètre à l’intérieur du périmètre. L’affaire concernant l’U.C.A, la police n’avait pas pris la peine de mener son enquête et de prélever des échantillons. Ils savaient déjà que l’unité en charge de l’enquête s’en occuperait. Seul le cadavre avait quitté les lieux pour être emmené chez le légiste de l’organisation.
Kéran fut le premier à entrer dans le périmètre après avoir montré son badge à l’un des gardes qui ouvrit un passage dans le laser. Il fut suivi par Raak, Saménès puis Louanis. Ce dernier regarda vers le ciel, puis reporta son attention sur son chef. Il lui fit un signe de tête avant de partir de son côté, trottinant en tenant une mallette noire dans une main. Kéran glissa ensuite une minuscule oreillette dans son conduit auditif, aussitôt imité par Raak. Il en tendit une à Saménès qui en fit de même. Yawx resté dans le fourgon au niveau des ordinateurs s’assura de la bonne qualité de l’émission et de la réception avant de déployer ses cinq drones lui permettant de prélever les échantillons et de détecter d’éventuelles empreintes ou traces pouvant échapper aux enquêteurs.
Kéran observa les objets de la taille d’une main sortir du véhicule et partir dans tous les sens autour du périmètre de sécurité. Il reporta ensuite son attention sur Saménès.
— Première règle : nous devons toujours rester en contact permanent. Compris ?
Le jeune homme répondit d’un simple signe de tête puis vit Raak sortir une tablette de la poche de son manteau. Il la déploya avant de taper un code sur l’écran tactile. Il commença alors à parcourir la scène du crime. Un petit bip sonore se fit entendre lorsqu’il le porta en direction du lieu où la victime avait été trouvée. Il se tourna donc vers son supérieur puis inclina la tête. Kéran soupira et chaussa une paire de lunettes sur son nez. De son index, il pressa le bord d’un des verres et fit le tour des lieux, inspectant les murs et le sol.
Saménès n’osait pas bouger, craignant de déranger ses partenaires. Il se contenta d’observer attentivement les environs, espérant trouver aussi quelque chose. C’est alors qu’il lui sembla voir un détail étrange dans la ruelle sombre. Il n’était certain de rien et plissa donc les yeux pour tenter de percer l’obscurité tout en s’avançant vers son objectif.
— Saménès !
L’interpellé sursauta en entendant son nom et se tourna vers Kéran.
— Oui ?
— Tu as repéré un indice ?
Saménès regarda à nouveau dans la ruelle, mais ne retrouva pas ce qu’il avait cru apercevoir. Ce devait être un effet d’optique dû à l’obscurité ou bien un reflet des spots disposé autour de la scène de crime ou même un mauvais tour de son imagination trop concentré à trouver un indice important.
— C’était juste un reflet, marmonna-t-il en secouant la tête de gauche à droite.
Raak s’approcha de son supérieur et lui montra sa tablette. Il indiqua ensuite la fameuse ruelle de l’index.
— Selon les traces, l’Actif est sorti de cette ruelle, expliqua-t-il avec sérieux et un calme olympien. Notre victime a dû croire à un malaise et a voulu l’aider.
— Mais, il a été surpris par la créature, il a tenté de fuir sans y parvenir, trop effrayé et il s’est fait tuer, termina Kéran en suivant les empreintes sur l’écran. Yawx… Tu as des nouvelles de l’autopsie ?
— Oui ! Satémié me l’a transmise à l’instant. Elle m’a dit aussi de te dire qu’elle y avait passé la soirée et qu’elle avait raté un diner en tête à tête avec un beau médecin, selon ses dires. Du coup, tu lui dois un service.
— Elle peut toujours courir. C’est son job. J’ai rien demandé. Mets-le de côté, je regarderai ça après.
— Bien chef !
Saménès s’approcha à son tour pour regarder l’écran. Il y remarqua une ligne lumineuse, comme du gaz, qui partait de la ruelle. En tournant la tablette, le tatoué lui montra qu’elle se dirigeait vers la mare de sang avant de partir en direction du nord. Tous les Actifs laissaient une empreinte, invisible à l’œil nu, due à l’énergie dégagée par leur pouvoir. Le matériel de l’U.C.A. permettait de les détecter et ainsi de suivre un suspect. Hélas, ce n’était pas parfait. Il fallait bien différencier la trace de leur cible de celles des autres Actifs. De plus, au bout d’un certain temps, la marque disparaissait. C’était plus ou moins rapide en fonction du type de pouvoir. Il fallait donc agir très vite.
Soudain Saménès eut l’impression de voir quelque chose sur l’écran, un détail infime, mais bien différent des autres empreintes. Il fronça les sourcils puis regarda vers la ruelle avant d’observa à nouveau l’écran.
— Vous pouvez revenir un peu en arrière, demanda-t-il à Raak, incertain, mais intrigué par ce qu’il avait cru apercevoir.
— Tu as vu quelque chose ?
— Je ne suis pas certain…
Raak obéit et fit à nouveau pivoter son objet vers la ruelle, lentement pour laisser le temps à son équipier de bien regarder les lieux. Saménès pointa alors du doigt une trace légère, à peine visible, mais bien présente. Elle semblait aussi sortir de la ruelle, comme si elle suivait l’Actif Non Contrôlable. Mais, au niveau du cadavre, le ou la propriétaire empruntait ensuite une autre route.
— Là…
— Tu l’as donc vu toi aussi, constata Raak en agrandissant l’image de l’empreinte. Pourtant c’est à peine visible.
— Vous pensez que c’est une ancienne empreinte ?
— C’est impossible à déterminer. C’est certainement un hasard ou bien quelqu’un a vu le cadavre et s’est enfui par peur.
— Dans notre boulot, il ne faut jamais rien laisser au hasard, déclara Kéran derrière eux les bras croisés. Il faut la noter. On ne sait jamais.
Saménès regarda Raak inscrire des informations sur la tablette. Puis, ses deux partenaires se dirigèrent ensuite vers le laser pour quitter le périmètre. Les drones avaient prélevé tous les échantillons nécessaires et regagnaient aussi le fourgon. Le jeune homme les suivit en silence, ne sachant trop que penser de cette scène de crime. De l’autre côté de la rue, il aperçut Louanis sortir d’un immeuble. Il les rejoignit en trottinant et en secouant la tête de gauche à droite.
— Rien du tout de là-haut.
— Je m’en doutais, répondit Kéran en s’installant dans le fourgon. Nous allons donc suivre l’empreinte de l’Actif responsable de ce massacre. Il faut l’arrêter avant qu’il ne commette plus de crimes. En route !
Raak rangea sa tablette avant de se glisser derrière le volant du fourgon. Il programma l’ordinateur de bord afin qu’il affiche l’empreinte de leur cible. Dès qu’il l’eut en visuel sur son pare-brise, le tatoué fit décoller le véhicule.
Pendant ce temps, Kéran prit connaissance du rapport d’autopsie de la victime. La violence avec laquelle l’homme avait été tué ne le surprenait pas. Les Actifs Non Contrôlables agissaient toujours comme des bêtes sauvages en mutilant leur cible. En perdant toute humanité, ils acquéraient une force, une rapidité et une sauvagerie exceptionnelle. Pourquoi devenaient-ils ainsi ? Ils auraient pu se retrouver prostrés ou tomber dans le coma. Mais ce n’était pas le cas. Seule la bestialité les animait et pas uniquement envers des humains. Tous les êtres vivants devenaient une cible.
Dans une ville aussi grande que New Seattle, une telle bête en liberté pouvait faire créer une véritable panique et faire de nombreuses victimes. C’était pour cette raison que l’équipe de Kéran devait vite le retrouver, avant qu’il ne commette d’autres crimes.
Le chef enquêteur jeta un rapide coup d’œil sur le pare-brise et fronça les sourcils inquiets. L’Actif Non Contrôlable avait parcouru une grande distance en moins de quelques heures. C’était un miracle qu’il n’y ait pas plus de victimes et les membres de l’Unité de l’Ombre espéraient ne pas en découvrir en chemin.
Pistant toujours leur cible, Raak s’engagea dans une rue sur sa droite et arrêta le fourgon devant une ruelle. Celle-ci était bien trop étroite pour que le véhicule puisse s’y engager. Le tatoué observa les ténèbres de la voie avant de se tourner vers son supérieur.
— Je crois qu’on va devoir marcher.
— Pas le choix, répondit simplement Kéran en attendant que son ami pose le fourgon sur une place de parking.
Dès qu’il en eut la possibilité, le chef enquêteur sortit et observa les environs avant de se concentrer sur la ruelle. Il n’y avait aucun lampadaire dans cette voie, détail qui ne surprit guère Kéran. Les Actifs Non Contrôlables aimaient se cacher dans l’obscurité pour guetter leurs proies. Ce détail ne changeait rien à leur plan initial : retrouver leur cible. Il sortit donc une lampe torche et scruta les ténèbres. Au premier abord, il n’y avait pas âme qui vive. Tout était trop silencieux, trop calme, comme si tous les êtres vivants avaient fuis lieux.
Louanis s’approcha à son tour avant de tendre un doigt vers un escalier de secours menant aux toits. Kéran lui répondit d’un simple signe affirmatif de la tête. Sans le moindre commentaire, le jeune homme commença à grimper les marches, sa mallette à la main. Il ne lui fallut pas longtemps pour arriver sur le toit de l’immeuble. Louanis sortit une boite noire, plate, carrée et en métal de la poche intérieure de sa veste. Il posa son doigt sur l’un des angles et l’objet se transforma automatiquement en une paire de jumelles à vision nocturne. Tout en longeant le bord du toit, il scruta la rue. Au bout d’une cinquantaine de mètres, Louanis s’immobilisa.
— Merde, grogna-t-il en se mordant la lèvre.
— Quoi, demanda Kéran tout en connaissant d’ores et déjà la réponse, même s’il espérait se tromper.
— Nous avons une autre victime.
Voilà, ses craintes étaient fondées, leur cible avait encore tué. Ils devaient agir et vite avant qu’il ne recommence.
— Est-ce que notre cible est dans le coin, Louanis ?
— Non…
Kéran lâcha un grognement, agacé. Leur cible ne devait pas être loin, il en était certain. Son empreinte était bien plus lumineuse. Sa présence proche ne faisait donc aucun doute. L’actif se cachait certainement dans un coin que ne pouvait voir Louanis.
— On n’a pas le choix… Faut aller voir… Yawx, tu vas faire le tour du quartier avec le fourgon et nous rejoindre de  l’autre côté de cette ruelle. Sois prudent surtout. Tu seras le premier à voir la cible si jamais elle nous échappe.
— Bien !
— Allons voir, mais restons bien groupés.
Kéran, Raak et Saménès s’engouffrèrent dans l’allée tout en balayant l’obscurité de lampes. Plus ils avançaient plus l’empreinte de l’Actif était lumineuse. Il ne faisait aucun doute que celui-ci se trouvait encore dans les environs. Par conséquent, la prudence était de mise. Ils devaient veiller à ne pas se faire surprendre.
— Dommage que tu ne puisses pas voir dans l’obscurité avec ton pouvoir, déclara Raak en s’attardant sur un recoin.
— Contrôler les ténèbres ou les ombres et avoir une vision nocturne sont deux choses différentes.
— Je sais… Je me disais juste que les pouvoirs étaient mal fichus.
— Ce n’est pas faux…
Saménès les écoutait en silence en se demandant comment ils parvenaient à discuter de pouvoirs dans un moment pareil. Ils paraissaient tellement détendus par rapport à lui. Ces hommes avaient l’habitude de travailler sous pression, c’était évident. Ce n’était guère surprenant en y réfléchissant un peu plus. C’était leur quotidien.
Le jeune homme se demandait malgré tout s’il parviendrait à contrôler son stress lui aussi. Il lui faudrait certainement du temps et l’expérience du terrain. Pour le moment, il préférait être attentif aux moindres mouvements ou bruits environnants, sans cacher son angoisse.
Au bout d’une cinquantaine de mètres, ils arrivèrent sur les lieux du second crime. La victime était un homme et comme pour la première, il avait été éventré. Une mare de sang l’entourait et ses boyaux étaient éparpillés tout autour de son corps. C’était un véritable massacre. L’Actif Non Contrôlable semblait s’être acharné avec une rage indescriptible sur le pauvre homme.
Saménès porta une main sur sa bouche pour retenir la nausée qui montait en lui. Il avait déjà vu des cadavres en photo durant les cours à l’académie. Mais, cette scène n’avait rien à avoir avec des clichés, elle était tout simplement insupportable. Saménès détourna le regard, laissant ses collègues inspecter le corps. Il ferma un instant les yeux afin de son contrôler. Il devait se contrôler.
— Ça va aller Saménès, demanda la voix de Louanis dans son oreillette, surprenant le jeune homme.
Il pensait que son collègue avait quitté le toit pour rejoindre Yawx, mais il n’en était rien. Saménès aurait aimé qu’il en soit ainsi et qu’il ne remarque pas son dégoût. Mais, il était trop tard.
— Oui… Ça va aller… Ne vous en faites pas, répondit-il avec le plus d’assurance possible dans la voix.
— Ne t’en fais pas, au bout de deux ou trois victimes, ça ne te fera plus rien. On finit toujours par s’habituer à l’horreur.
— Hélas…
Saménès inspira doucement puis expira, répétant ce geste plusieurs fois. Sa nausée commença à disparaître petit à petit. Alors qu’il relevait les yeux pour surveiller les environs, il entendit un bruit étouffé provenant de la ruelle devant lui. Fronçant les sourcils, le nouveau venu s’approcha doucement de son origine, la lampe braquée vers les ténèbres. Il s’enfonça dans ces dernières, s’éloignant peu à peu de ses collègues, sans se rendre compte de la distance qu’il parcourait. Le jeune homme vit alors une silhouette se dessiner dans le faisceau. C’était une femme qui avançait en trainant les pieds, les bras ballants le long du corps, la tête baissée. Instinctivement, Saménès sortit son arme de service qu’il laissa contre sa cuisse et s’approcha prudemment.
— Madame ? Madame ? Vous êtes blessée ?
N’obtenant pas de réponses, le jeune homme resta sur ses gardes, méfiant. Il ignorait si cette personne représentait une menace ou non. Il devait rester prudent. Il fit encore un pas en avant puis s’arrêta brusquement, les yeux écarquillés. La robe crème de la femme était maculée d’une longue tache rougeâtre rappelant la couleur du sang. Instinctivement, Saménès pointa alors son arme sur elle. Tant qu’il ignorait s’il avait affaire à une victime ou non, il ne devait prendre aucun risque.
Au bruit produit par le jeune homme, la femme leva doucement la tête. Un grondement sourd s’échappa de sa gorge alors qu’elle posait sur Saménès un regard injecté de sang et empreint de folie. Ses mains griffues étaient couvertes de sang.
— L’Actif, murmura le jeune homme d’une voix faible.
En l’entendant prononcer ce mot dans l’oreillette, Kéran et Raak sursautèrent et pivotèrent. Ne voyant pas Saménès auprès d’eux, ils bondirent aussitôt et coururent à sa recherche, inquiet.
— Replis-toi ! Ne reste pas là, ordonna aussitôt le tatoué qui hélas n’obtint aucune réponse.
Un premier coup de feu retentit dans la nuit, suivit aussitôt par un second. Le silence s’installa ensuite, pesant, oppressant. L’inquiétude des deux agents de l’U.C.A ne fit que grandir.
— Louanis ! Tu le vois, demanda Kéran ne masquant pas son angoisse.
— Je ne peux pas plus avancer ! Et de là où je suis, je ne vois qu’une silhouette au sol. Impossible de t’en dire plus !
— Merde !
Kéran accéléra un peu plus le pas. Finalement, Raak et lui parvinrent à distinguer la silhouette au sol. Ils s’approchèrent craignant de voir le jeune homme. Mais, à la place, ils trouvèrent une femme couverte de sang, les yeux grands ouverts injectés de sang. Son front était orné d’un trou encore fumant. Kéran regarda autour de lui à la recherche de son jeune équipier.
— Saménès ?
— Je suis là, répondit l’interpellé en grommelant.
Le chef enquêteur braqua sa lampe vers la voix et le vit assis entre deux poubelles. Saménès commençait tout juste à se redresser, visiblement un peu sonné. Raak s’approcha de lui et le saisit au niveau du bras pour l’aider à se remettre sur ses jambes. Kéran le scruta de haut en bas avec sa lampe, s’assurant de son état. Il retint un soupir de soulagement en ne constatant aucune blessure apparente.
— Ça va aller, demanda-t-il malgré tout, pour en être certain.
— Oui. Elle m’a juste balancée au moment où je lui tirais dans la tête.
— Tu as été imprudent ! Quand je donne un ordre, j’aime qu’on m’obéisse.
Saménès baissa les yeux à la réprimande. Il savait qu’il avait commis une imprudence et c’était impardonnable de sa part. Il en avait parfaitement conscience. Cependant, pendant un instant, il avait cru qu’il s’agissait d’une autre victime. Il pensait bien agir.
— J’avais entendu un bruit, je suis allé voir, tenta-t-il de se justifier, penaud. Je suis désolé…
— Être désolé ne suffit pas. Je te rappelle que c’est ta première sortie. Tu aurais pu te faire tuer ! Tant que tu ne seras pas habitué à agir comme il se doit dans une telle situation, je ne veux pas que tu suives une piste. Pour le moment, contente-toi d’assurer nos arrières et observe notre façon d’agir.
— Kéran… Calme-toi, tempéra Raak en posant une main sur l’épaule de son leader. Il n’est pas blessé et il a réussi à stopper la cible. Il a fait du bon travail malgré tout. Soit indulgent avec lui. En plus, je suis certain qu’il a compris la leçon.
L’interpellé fixait toujours Saménès en écoutant les arguments de son partenaire. Le jeune homme conservait la tête baissée, n’osant ni parler ni bouger. Cette attitude soumise fit comprendre à Kéran que sa nouvelle recrue avait compris son erreur. Il n’insista donc pas et se détourna pour se diriger vers le corps de l’Actif.
— Yawx, appelle l’équipe de nettoyage. Nous avons deux corps à emmener au légiste.
— C’est déjà fait !
Sans un mot de plus, Kéran regagna aussitôt le fourgon quittant par la même occasion la ruelle. Raak et Saménès le suivirent en silence. Ils furent rapidement rejoints par Louanis qui dût faire un détour. Le groupe attendit l’arrivée des nettoyeurs puis prit la direction du siège de l’U.C.A. Il demeurait comme une tension presque palpable émanant de Kéran. Toutefois, personne n’osa le moindre commentaire et le trajet se fit lui aussi dans le plus grand silence.
Arrivés sur place, les cinq hommes se dirigèrent vers leur bureau. Kéran s’installa sur son fauteuil en soupirant. Il ferma les yeux tandis que Raak reprenait sa place habituelle avant de saisir sa tablette afin de continuer son roman. Louanis entreprit de nettoyer son arme de service. Yawx les observa puis porta son attention sur Saménès qui était resté sur le seuil. Il paraissait encore embarrassé d’avoir commis un impair. L’informaticien se sentait presque obligé de faire quelque chose pour lui, pour le détendre un peu. Il avait de la peine pour son nouvel équipier. Alors il porta son regard sur les autres membres de l’unité.
— Ça vous dit de boire quelque chose de chaud ?
Kéran rouvrit les yeux en haussant un sourcil puis fit un signe affirmatif de la tête. Tout sourire, Yawx se dirigea vers la sortie. Il saisit le poignet de Saménès au passage et le tira.
— Tu vas m’aider à tout porter Sam !
Le jeune homme n’eut pas d’autre choix que de le suivre. Après quelques pas, Yawx le lâcha. Ils avancèrent silencieusement dans le couloir jusqu’à l’ascenseur. L’informaticien gardait toujours le sourire. Lorsque les portes s’ouvrirent, ils s’engouffrèrent dans la cabine. Ils commencèrent à descendre les étages, les menant à la cafétéria. Yawx fixa un instant son partenaire puis porta son attention sur les chiffres qui défilaient lentement.
— Tu sais, Kéran ne t’en veut pas, déclara-t-il brusquement, faisant tressaillit Saménès qui porta son attention sur lui.
— Pardon ?
— Je peux te garantir qu’il a eu très peur. C’est pour ça qu’il s’est montré aussi dur. Il n’aime pas perdre de vu ses collègues, surtout quand ils sont nouveaux.
— Pourtant, Louanis est toujours seul sur les toits. Et vous, vous êtes seul dans le fourgon. De plus, je suis certain qu’il laisse Raak agir en solitaire aussi. Ce n’est donc pas logique.
— C’est vrai ! Mais nous, c’est différent. Premier point, Louanis et moi n’avons pas affaire directement aux cibles. Deuxième point, je suis en sécurité vu que le fourgon ne s’ouvre pas de l’extérieur. Il y a des caméras qui permettent de savoir qui frappe à la porte. Quant à Louanis, c’est son pouvoir qui le protège en cas de danger et il garde toujours une distance de sécurité avec les cibles. C’est un sniper, je te le rappelle. Enfin pour Raak, Kéran le sait capable de se débrouiller seul, il le connaît depuis bien longtemps. Crois-moi, l’actif qui blessera Raak n’est pas encore né. Enfin, troisième et dernier point, pas des moins importants, nous n’avons pas la même expérience. Je te le rappelle au cas où tu l’aurais oublié !
Saménès cligna un peu des yeux surpris puis baissa la tête en soupirant. Il se sentait ridicule et stupide de ne pas avoir été capable de faire preuve de prudence sur le terrain, d’avoir agi sans vraiment réfléchir aux conséquences. Il avait suivi son instinct, pris des risques et inquiété tout le monde inutilement.
— Ne fais pas cette tête, le rassura Yawx en lui collant une tape dans le dos. Je te jure qu’il ne t’en veut pas pour ça. Personne ne t’en veut ! Tu as agi par instinct. Imagine, tu aurais pu découvrir une victime encore vivante et lui sauver la vie. En plus, tu as assuré ! C’est juste que… Kéran a de bonnes raisons d’être comme ça !
— Lesquelles, demanda Saménès brusquement intrigué par ces derniers mots.
— Là, ce n’est pas à moi de t’en parler. Il le fera peut-être de lui-même, s’il le juge nécessaire ou si tu tiens le coup dans notre groupe. Ce que je te souhaite !
Le jeune homme expira longuement, mais ne répondit pas. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent avant qu’il n’ait le temps d’ajouter le moindre commentaire. Tous les deux sortirent donc de la cabine en silence pour aller chercher les boissons avant de regagner ensuite le bureau.

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Merci beaucoup pour vos encouragements et à plus tard pour d’autres histoires.

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U.C.A – Chapitre 1

 « Attention, il s’agit d’une histoire avec présence de romance M/M. Si le genre vous dérange, passez votre chemin.
Vous voilà prévenus. »

UCA

Il s’agit de la version non corrigée

Chapitre 1 – Nouvelle Recrue

— Non, Lyat ! Je refuse, explosa un homme avec colère en claquant une main sur le bureau devant lui. C’est hors de question ! Il me semble que nous en avions déjà discuté ! Je ne veux pas de nouveaux membres dans mon équipe !
— Kéran…
Un nouveau coup du plat de la main porté sur le bureau interrompit le dénommé Lyat. L’homme devant lui ne semblait pas enclin à l’écouter. Bien au contraire, la colère, presque de la rage, qu’il lisait dans son regard couleur acier l’intimait de ne pas continuer sur cette voie s’il ne tenait pas à le voir exploser.
Kéran était un homme au caractère difficile. Entêté, parfois colérique, un peu trop franc et  direct dans ses mots, il était difficile de le faire changer d’avis. Malgré tout, il avait aussi de bons côtés. Sa fidélité, son intelligence, son sens de l’observation et de la déduction en faisaient un excellent chef d’unité et un homme de confiance.
Âgé maintenant de trente ans, Kéran avait rejoint l’Unité de Contrôle des Actifs à sa sortie de l’académie, dix ans auparavant. C’était un élément qui avait de suite été remarqué par les professeurs et les anciens dirigeants de l’organisation. Ses talents dans tous les domaines lui avaient permis de finir dans les cinq premiers de sa promotion. Il n’avait jamais cherché à être le meilleur, juste à suivre son chemin et atteindre ses objectifs.
Physiquement parlant, il était un homme plutôt séduisant qui ne laissait personne indifférent. De haute stature, il possédait la fine musculature de ceux qui font régulièrement du sport. Ses cheveux aussi noirs que les plumes d’un corbeau étaient courts et en bataille, dont quelques mèches retombaient devant ses yeux. Son visage arborait en général une expression sérieuse, presque froide. Bien entendu, il lui arrivait de sourire ou même de rire comme tout le monde. Cependant, dans le cadre de son travail, c’était des évènements qui restaient rares.
— Lyat ! Tu m’écoutes ?
L’interpellé secoua doucement la tête, ramené à la réalité par la voix agacée de Kéran. Il n’avait pas entendu sa tirade, plongé dans ses pensées et souvenirs.
— Oui, Kéran, je n’arrête pas de t’écouter, mentit-il avec un sourire. Mais, cette fois-ci, qu’importent tes arguments, Atan et moi ne te laissons pas le choix. Nous avons attendu suffisamment longtemps. Tu dois choisir un nouvel équipier pour ton unité. C’est une question de règlement.
Un grommellement fut la seule réponse qu’il obtint. De la part de Kéran, ce n’était guère une surprise. Lyat s’y attendait, il connaissait son employé depuis plusieurs années. Même si les deux hommes n’avaient jamais fait partie de la même unité, il leur était arrivé de travailler de concert sur une enquête.
Avant d’être le directeur adjoint de l’Unité de Contrôle des Actifs, Lyat avait intégré une équipe, il en avait même été le chef enquêteur. Mais, devant ses talents de responsable, sa capacité à tirer le meilleur de chacun, à motiver ses troupes, à souder chaque membre entre eux, à calmer les conflits lorsqu’ils éclataient et enfin devant ses résultats en général, ses supérieurs le jugèrent apte à monter rapidement en grade ainsi qu’à tenir un poste plus important. Ils lui offrirent l’opportunité de passer les examens nécessaires pour obtenir la promotion voulue. Comme prévu, Lyat fit étal de ses capacités lors des épreuves, obtenant d’excellentes notes dans toutes les matières. Mais, ses résultats n’étaient guère surprenants, le jeune homme avait travaillé durement pour les obtenir.
Lyat était maintenant âgé de trente-trois ans et cela faisait quatre années qu’il était devenu l’un des piliers de l’organisation. Tous les employés de l’U.C.A le respectaient, lui obéissaient et surtout l’appréciaient pour ses qualités de dirigeant impartial et toujours à l’écoute. Enfin tous, c’était un bien grand mot. Il demeurait toujours des exceptions. Kéran, dont l’attitude ne changeait pas depuis de nombreuses années malgré les avertissements incessants de Lyat, en était un exemple. Combien de fois ce dernier lui avait-il dit de ne pas abuser de leur amitié ? Il avait cessé de compter depuis bien longtemps. Kéran était un électron libre, il l’avait toujours été et le resterait certainement.
Pourtant, à cet instant précis, Lyat était déterminé à ne pas laisser son subordonné lui désobéir. Comme en témoignait l’étincelle qui brillait dans ses yeux couleur émeraude et comme il le lui avait dit à l’instant, il ne lui laissait aucun choix possible. Cette fois-ci, Kéran allait se plier aux ordres de ses supérieurs, aux règles de l’U.C.A. et les respecterait à la lettre. Il n’y avait aucune raison valable pour que son équipe soit la seule de l’organisation à ne pas s’y soumettre.
D’un geste calculé et lent, Lyat remonta ses lunettes sur son nez, avant de remettre ses cheveux mi-longs couleur rouge sang en place. À aucun instant, il n’avait quitté Kéran des yeux. Son visage reflétait toute sa détermination. Il estimait avoir été suffisamment laxiste envers son subordonné.
— Je ne le répèterais pas, Kéran, et le règlement est clair sur ce point. Tu le connais aussi bien que moi. Il faut cinq membres par unité, que ça te plaise ou non. Maintenant, choisis quelqu’un.
— Non !
Lyat se retint de soupirer devant l’entêtement de son ami. D’un geste calme, il retira ses lunettes afin de se masser les yeux puis l’arête du nez avant de les chausser à nouveau. Son regard se fit plus dur.
— Visiblement je n’ai pas été suffisamment clair. Ceci n’est pas une demande, mais un ordre.
— Je te dirais bien où tu peux te col…
— Je te déconseille de finir ta phrase, Kéran.
Le chef enquêteur observa son supérieur, notant mentalement l’étincelle dans son regard le défiant d’aller au bout de sa pensée. Kéran connaissait les limites à ne pas dépasser avec Lyat. À cet instant, son agacement avait failli lui faire franchir la ligne. Pourtant, le jeune homme ne comptait pas abandonner pour autant. Son entêtement n’avait pas d’égal.
— Je m’en fiche du règlement. Je ne veux aucun nouveau dans mon équipe et je ne céderai pas.
Décidé à mettre un terme à la conversation, Kéran tourna le dos à son patron puis se dirigea vers la porte. Il posa sa main sur la poignée, prêt à l’ouvrir.
— Si tu franchis cette porte, Kéran, je te colle une mise à pied pour un temps indéterminé.
Le jeune homme arrêta son mouvement puis pivota pour observer Lyat. À en juger par son regard, il ne plaisantait pas. Kéran grommela puis revint vers le bureau. Il se planta devant son supérieur tout en croisant les bras dans une attitude typique de défense.
— Bien. Je vois que tu sais être raisonnable parfois. Maintenant choisi.
— Non.
— Tu es buté, mais je le suis tout autant. Je te fais une fleur en ne t’imposant pas quelqu’un.
— Parce que me demander de choisir un nouveau membre pour mon équipe, ce n’est pas m’imposer quelqu’un ?
— Effectivement. Je te laisse le choix dans la dernière promo sortie de l’académie. Alors regarde leur dossier et choisi. Sinon, je serai contraint de te retirer la direction de ton unité.
Kéran se retint de grogner à nouveau, mais serra les poings pour contenir sa colère. Il savait maintenant qu’il ne pourrait pas quitter le bureau tant qu’il n’aurait pas choisi un nouvel équipier. Il n’avait pas d’autres choix que de céder du terrain à Lyat.
Dans un soupir, le jeune homme tendit la main pour saisir une tablette dans un matériau laissant penser à du verre, transparent et d’une épaisseur d’un millimètre à peine. Il s’installa ensuite sur un fauteuil tout en faisant glisser ses doigts sur l’écran. Il observa attentivement les candidats, les uns après les autres, s’informant de leurs résultats aux examens, de leurs profils psychologiques, des avis des instructeurs et de leur pouvoir. Il les regarda ainsi, chacun à leur tour avant de revenir à la liste des futurs membres de l’U.C.A. Il relut les noms indiqués par ordre alphabétique puis décida de les classer par niveau, allant du premier au dernier. Volontairement, il ignora les quinze premiers de la liste. Kéran ne voulait pas de génies ou d’acharnés du travail, capable de lui réciter par cœur le règlement de l’U.C.A, de lui faire un cours sur la meilleure façon d’intervenir sur une affaire ou d’enquêter. Il avait besoin d’un membre malléable, avec de bonnes facultés d’adaptations, pouvant exécuter un ordre sans discuter, sans se rebeller, rapide et efficace. Certes, il en demandait beaucoup pour des étudiants sortis de l’académie. Mais, c’était ses conditions pour faire partie de l’Unité de l’Ombre.
Parmi toutes les fiches que Kéran relut pour la seconde fois, son attention se porta sur un candidat en particulier. Il regarda à nouveau les informations le concernant, puis laissa un sourire apparaître sur son visage. Il posa la tablette devant Lyat tout en tapotant du doigt sur la photo.
— Lui.
Lyat regarda la photo puis les renseignements concernant l’élu, avant de secouer la tête de gauche à droite de dépit.
— Tu as ta disposition les meilleurs et tu choisis l’un des candidats ayant obtenu tout juste la moyenne pour intégrer une unité. Tu me désespères Kéran.
— C’est lui et personne d’autre.
— Kéran…
— Tu veux que je prenne quelqu’un dans mon unité ou non ?
— Je sais pourquoi ton choix s’est porté sur lui. Mais, s’il te plait, ne lui fais pas prendre de risques inconsidérés.
— Il en prendra tout autant que les autres membres de mon équipe. Je ne ferai pas de différence parce qu’il est nouveau.
Lyat ne répondit pas. Il croisa les mains sous son menton, réfléchissant au choix de Kéran. Il ne pouvait pas se permettre de lui refuser cette exigence. Le principal était qu’il choisisse enfin un nouveau membre pour son unité. Lyat lui avait permis de prendre qui il désirait parmi tous les candidats.
— C’est lui ou personne, Lyat.
L’interpellé releva les yeux pour fixer son vis-à-vis. Il se renfonça dans son fauteuil tout en haussant les épaules. Il indiqua ensuite la tablette d’un mouvement de tête.
— D’accord. Je t’accorde ce caprice. Mais, je te le demande à nouveau, pas de risques inconsidérés. Tu lui montres vos méthodes et tu ne le laisses pas agir seul.
— Tu sais très bien que j’évite de laisser mes équipiers seuls lorsque je sais qu’il y a une menace présente.
— Je ne te demande pas d’argumenter Kéran, mais de le faire.
— D’accord ! J’ai compris !
— Bien.
Lyat tendit la main vers un pavé numérique tactile intégré dans son bureau. Il tapa un code à dix chiffres puis un large écran, fait dans le même matériau que la tablette et aussi épais que celle-ci, sortit du pupitre devant lui. Il fit glisser ses doigts dessus, tapa rapidement quelques choses puis reporta son attention sur son vis-à-vis.
— Je viens d’envoyer les informations sur ta tablette. Tu peux disposer Kéran.
Le jeune homme inclina la tête en guise de remerciement puis quitta le fauteuil.  Il franchit la porte du bureau sans un mot de plus pour prendre la direction des ascenseurs.
Arrivé devant ces derniers, Kéran apposa son pouce sur un écran. Tout en attendant l’arrivée de la cabine, il sortit un minuscule carré de la poche intérieur de sa veste. Il posa un doigt sur une extrémité et l’objet se déplia pour devenir une tablette parfaitement lisse. Il réceptionna le dossier envoyé par son supérieur puis le parcourut à nouveau. Sa psychologie l’intéressait particulièrement. Aux yeux des contrôleurs et des instructeurs, il semblait être quelqu’un de très stable, calme, sérieux dans le travail, amical avec les autres donc plutôt sociable. Certaines remarques le qualifiaient d’intelligent, mais avec une tendance à se laisser distraire. Pour Kéran, cela pouvait mettre en avant un talent pour l’observation. Mais, c’était un détail à confirmer.
Selon le dossier, ce jeune homme avait été élevé dans une famille de classe moyenne. Il était enfant unique et avait reçu une éducation correcte dans de bons établissements scolaires. Il avait grandi dans un milieu stable, sans souci. Concernant son don, il ne paraissait pas avoir eu de mal à le contrôler au moment de son apparition. Ce détail surprenait un peu Kéran au vu du type de pouvoir qu’il avait manifesté. Mais, lui-même ayant réussi à le maitriser facilement, il ne voyait pas pourquoi quelqu’un d’autre n’y serait pas parvenu.
— Il me semble un peu trop parfait ton gars !
Kéran sursauta à la voix masculine derrière lui et se tourna vers son interlocuteur. Un jeune homme de son âge, aux cheveux blonds en bataille et au sourire enjôleur, se tenait là, juste dans son dos, ses yeux ambrés rivés sur sa tablette qu’il lisait par-dessus son épaule. Déjà bien agacé par son entretien avec Lyat, Kéran grommela puis mit une distance raisonnable entre le jeune homme et lui avant replier sa tablette et la ranger.
— Ikkley…
— Il te l’a imposé ou tu l’as choisi ?
— Tu connais déjà la réponse. Tu sais très bien que c’est moi qui décide des hommes qui vont devenir mes partenaires.
Amusé, Ikkley se plaça aux côtés de Kéran pour attendre l’ascenseur. Son sourire moqueur avait le don d’agacer le chef de l’Unité de l’Ombre. Il n’était pas rare qu’il éprouve le désir de le lui effacer. Cependant, il n’en faisait rien. Malgré ce côté taquin énervant, Ikkley était un homme de confiance, un agent très expérimenté et surtout un ami de longue date. Kéran savait qu’en cas de soucis, il pouvait lui demander son aide. Encore fallait-il que sa fierté le lui permette.
Les portes de l’ascenseur finirent par s’ouvrir. Kéran s’écarta du passage invitant Ikkley à entrer le premier. Il le suivit ensuite, silencieux. Mais au moment où les portes commencèrent à se refermer, il bondit à l’extérieur, laissant son collègue seul. Il n’avait aucune envie de supporter ses sarcasmes durant toute la descente. Il se dirigea donc vers les escaliers et descendit une dizaine d’étages à pieds.
Arrivé à destination, Kéran vit Ikkley qui l’attendait, adossé à un mur, la mine boudeuse. Il avait croisé les bras pour accentuer cet effet renfrogné.
— Tu n’es qu’un rabat-joie Kéran. Je ne peux même plus jouer avec toi sans que tu prennes la mouche.
— À ma place, tu aimerais ça ?
Ikkley lui fit un petit clin d’œil et se détourna en souriant. Il s’éloigna sans répondre, mais Kéran savait ce qu’il en pensait. Il secoua la tête de gauche à droite et prit la direction de la salle réservée à son équipe. Arrivé devant la porte, il soupira longuement en se demandant comment il allait annoncer la nouvelle à ses partenaires.
Kéran sortit à nouveau la tablette, regarda encore le dossier puis prit son courage à deux mains pour franchir le seuil qui le séparait de ses amis. Il n’eut pas le temps de réagir, ni de dire le moindre mot que la tablette lui était ni plus ni moins arraché des mains.
— Alors Louanis ? Il s’appelle comment le nouveau ?
Cette demande provenait d’un jeune homme ayant tout juste vingt-neuf ans, un peu plus petit que la moyenne, le regard noisette pétillant et les cheveux blonds, longs, attachés en natte. Il trépignait sur place, impatient d’entendre la réponse.
— Attend Yawx, je regarde !
Le dénommé Louanis venait tout juste d’ouvrir le dossier contenant les renseignements de leur nouveau partenaire et les parcourait de ses yeux bleus remplis de curiosité. C’était un homme grand et fin aux cheveux châtain, courts et en bataille, âgé de trente ans. Il semblait être le genre de personne sympathique au premier abord, toujours là pour aider les autres, prêts à offrir son aide aux plus démunis, un bon samaritain par excellence.
Devant leur attitude un peu trop énergique, Kéran se massa les tempes et les laissa satisfaire leur curiosité. Il s’approcha de son troisième partenaire qui était resté calme, assis à lire un roman sur sa tablette. Il avait le crâne rasé et possédait, sur la moitié gauche, un tatouage représentant une sorte de serpent à plumes aux ailes déployées. La queue de l’animal descendait sur la nuque de son porteur, comme si elle cherchait à s’enrouler autour de sa gorge. L’homme ne devait pas avoir plus de trente-cinq ans et était de taille moyenne, au corps de sportif comme en témoignait sa musculature. Ses yeux gris, ornés de jolies lunettes, ne quittaient pas son roman, ignorant ce qui se passait autour de lui.
Kéran poussa ses pieds qui étaient posés sur son bureau. Son partenaire grommela, mais n’objecta pas. Il croisa simplement les jambes tout en continuant sa lecture.
— Ça va Raak ? Ils n’ont pas été trop chiants ?
— Pas moins que d’habitude, mais pas plus non plus. Hélas…
Raak posa alors sa tablette sur la table puis se massa la nuque tout en jetant un regard dédaigneux en direction de ses équipiers. Il porta ensuite son attention sur son équipier qui prenait place derrière son bureau.
—  Alors ? Quel est son nom, demanda Raak d’une voix calme et posée.
— Un jeune homme du nom de Saménès Odawar, répondit Yawx joyeusement.
Raak porta son attention sur son équipier en l’entendant répondre à la place de Kéran. Il le vit alors afficher une mine déconfite à cent lieues de son expression joyeuse habituelle.
— Un souci ?
— Bah, ses notes ne sont pas géniales… Il passe de justesse l’examen pour être un homme de terrain. Et les avis… Il a l’air trop gentil, trop discret et visiblement dans la lune. Il fait partie de ces hommes dont personne ne veut en fait. Pourquoi tu l’as choisi, Kéran ?
L’interpellé croisa les jambes tout allumant une cigarette et en jetant un coup d’œil vers la fenêtre. Avait-il réellement besoin de s’expliquer auprès de ses équipiers ? Ne le connaissait-il donc pas depuis le temps ? Dans un sens, il comprenait un peu leur étonnement. Kéran reconnaissait qu’il aurait pu choisir quelqu’un d’autre. Mais sur le coup, à cause de Lyat et son insistance, il avait eu envie d’avoir un équipier discret, facilement manipulable. Peut-être son choix n’était-il pas judicieux, cependant Kéran était certain que ce jeune homme ne discuterait pas ses ordres.
— Je peux voir le dossier, demanda  brusquement Raak en tendant la main vers Louanis, ramenant Kéran à la  réalité.
Son équipier lui tendit la tablette. Raak remonta ses lunettes et commença à parcourir rapidement les informations qu’elle contenait. Il fronça les sourcils puis reporta son attention sur Kéran, semblant lui demander si c’était une plaisanterie. Comprenant la question muette de son ami, il lui répondit d’un signe négatif de la tête.
Raak posa la tablette sur la table et quitta son fauteuil. Il s’approcha de la fenêtre pour observer le ciel qui semblait se couvrir.
— Tu comptes vraiment le laisser aller sur le terrain ? Tu comptes vraiment lui faire prendre des risques ?
— J’ai déjà eu cette discussion avec Lyat. Et ma réponse est oui.
— Cela ne me plait pas. Mais je n’ai pas mon mot à dire. Tu es le seul juge en la matière. Je ne vais pas te dire ce que tu sais déjà pour argumenter.
— Merci, Raak. De toute façon, je ne compte pas le laisser évoluer seul. Et puis s’il n’est pas capable de tenir la route, je ferai un rapport pour le virer. En attendant, donnons-lui une chance et préparons-nous à l’accueillir. Il doit arriver en fin d’après-midi.
— Ça tombe bien, déclara brusquement Louanis en indiquant le bureau de son supérieur. Nous avons une nouvelle mission.
Le chef de l’unité saisit une tablette et commença à lire les informations, cigarette coincée entre ses lèvres. C’était une affaire des plus classiques pour son équipe. Il s’agissait d’une nouvelle enquête à mener sur un meurtre ayant eu lieu la veille au soir près d’une ruelle au nord de la ville. Un homme avait été éventré ni plus ni moins. C’était certainement l’œuvre d’un Actif Non Contrôlables. Le crime était bien trop sauvage pour qu’il en soit autrement. Tout ce qu’il fallait faire, c’était retrouver l’assassin. Ce qui ne serait guère difficile. Dans ce genre de situation, il suffisait de suivre les cadavres. C’était toujours ainsi avec les Actifs Non Contrôlables.
En attendant l’arrivée de leur nouveau partenaire, les quatre hommes décidèrent d’étudier le dossier. Ils prirent connaissance des plans de la ville autour du lieu du crime. Chacun reçut ses instructions, les consignes pour mener leurs futures recherches. Kéran  comptait se charger du nouveau venu pendant cette enquête, histoire de voir sa façon de penser et de traiter ce type d’affaires.
L’après-midi passa relativement vite. Alors que l’obscurité commençait à s’installer, l’heure de l’arrivée du nouveau membre de l’Unité de l’Ombre approcha. Un petit coup discret à la porte attira l’attention des quatre hommes qui relevèrent la tête et regardèrent en direction du seuil. En tant que chef d’équipe, ce fut Kéran qui invita leur visiteur à entrer.
Ce fut un jeune homme de vingt-cinq ans, aux cheveux courts noirs, plutôt bien coiffés qui pénétra dans le bureau. Il ferma la porte derrière lui et fit quelques pas avant de s’arrêter. Les bras le long du corps, il inclina la tête en guise de salut.
— Bonsoir, je suis Saménès Odawar, se présenta-t-il d’une voix claire et douce. J’ai été affecté à votre unité.
Kéran se leva et s’approcha de lui. Il le fixa, une main dans la poche de son pantalon. Comme il s’y attendait, il se trouvait face à un jeune homme de taille moyenne, au corps un peu trop fin pour un futur homme de terrain. Il allait devoir l’entraîner dur pour qu’il puisse suivre le rythme. Telle fut la première pensée de Kéran. Toutefois, il s’abstint de tout commentaire. Il inclina à son tour la tête en guise de salut.
— Bienvenue à l’Unité de l’Ombre. Je suis Kéran Solikor, le chef enquêteur. Voici notre informaticien, Yawx Manita. Là, c’est Louanis Jaros, tireur d’élite et donc, notre ange gardien. Et enfin Raak Xalom, homme de terrain tout comme vous.
Le jeune homme se redressa pour fixer ses partenaires. Ses yeux vairons, le droit rouge et le gauche noir, observèrent chacun d’eux en détail, jusqu’à les mettre mal à l’aise tant son regard était fixe. Puis, un sourire se dessina sur son visage un peu trop pâle.
— Ravi de vous rencontrer. Je ne pensais pas faire partie de votre unité. Vous êtes tous des légendes à l’académie.
Cette remarque détendit aussitôt l’atmosphère et amusa Yawx et Louanis. Toutefois, elle laissa les deux autres de marbre. Kéran invita la nouvelle recrue à s’installer, afin de le mettre directement dans le bain, en lui présentant leur nouvelle affaire. Il voulait voir ce qu’il avait dans le ventre et dans la tête.

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U.C.A – Prologue

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Prologue – Agression

Un éclair de lumière illumina durant quelques secondes cette ruelle sombre de la capitale mondiale New Seattle. Un hurlement suivi du bruit sourd caractéristique d’un corps s’écroulant au sol retentit dans les ténèbres de la nuit. Il  s’en suivit un long silence oppressant et inquiétant que rien ne semblait pouvoir troubler.
Au même moment, un homme d’affaires passa dans une rue perpendiculaire à cette même ruelle. Mallette à la main, il s’arrêta devant le passage, surpris par le bruit et intrigué par ce qu’il venait de voir. Un éclat aussi lumineux dans un lieu aussi sombre et un hurlement dans un endroit d’ordinaire tranquille n’étaient pas communs. Même si le cri lui avait glacé le sang pendant un instant, tant il était puissant et bestial, sa curiosité l’emporta sur sa raison. Loin de penser à un quelconque danger, il fit un pas en avant dans la ruelle. Comme le commun des mortels habitué à une vie calme en sécurité dans une ville ou dans un monde en paix, son instinct de survie était proche de zéro.
Alors qu’il s’enfonçait un peu plus dans les ténèbres, l’homme entendit un bruit de pas provenant un peu plus loin et qui semblait se diriger vers lui. Il fit un pas de plus et se pencha un peu en avant, plissant les yeux pour tenter de percer l’obscurité trop épaisse. C’est à ce moment qu’un grondement pareil à celui d’un animal lui parvint à nouveau. Cependant, cette fois-ci, il paraissait plus agressif, ressemblant au grondement que ferait une meute de chiens prête à attaquer. L’instinct de survie de l’homme sembla s’éveiller un peu, le forçant à faire un premier pas en arrière. Au même moment, une ombre se dessina lentement au fur et à mesure qu’elle s’avançait. L’homme fit à nouveau un pas en arrière avant de sortir rapidement de la ruelle. À l’extérieur, il commit l’erreur que n’importe quelle personne ferait à sa place : il se retourna pour voir si la chose était toujours là.
Il vit la silhouette s’avancer encore puis se révéler sous la lumière d’un lampadaire. Il s’agissait d’une femme dont les longs cheveux sombres masquaient le visage. Elle titubait, les bras ballants, se déplaçant comme le ferait un zombie. Sa tête, jusque-là penchée, se redressa avec la même lenteur que celle des fantômes des films d’horreur datant d’une époque lointaine, dévoilant un visage épouvantable. Ses yeux étaient exorbités et injectés de sang. Ils semblaient presque prêts à sortir de leurs orbites tant ils étaient grands ouverts. De ses lèvres s’écoulait un filet de salive qui glissait sur son menton avant de s’écraser soit sur ses vêtements, soit sur le sol.
À cette vision, l’homme eut un autre mouvement de recul alors qu’un gémissement de crainte s’échappait de sa gorge. Il mit sa main devant sa bouche, réflexe inutile pour tenter de contenir son horreur. Il sentait le danger qui émanait de cet être, il savait qu’il devait fuir au plus vite, courir de toutes ses forces pour lui échapper. Hélas, la peur le paralysait, l’empêchant de suivre son instinct primaire. Lorsque son corps lui permit enfin de bouger, il n’eut pas le temps de faire le moindre mouvement.
La femme bondit sur lui avec un cri de fureur à glacer le sang, le clouant au sol sous la violence de l’impact. Ses mains griffues se plantèrent dans le ventre de sa victime. Elle commença à creuser, lui arracha les entrailles avec une rage et une force indescriptible. La proie ne put pousser aucun hurlement tant l’attaque avait été rapide. Il restait juste les yeux grands ouverts remplis de surprises, la bouche bloquée en un cri muet. Lentement, la vie quitta le corps de l’homme qui jusqu’au bout regretta de ne pas avoir continué son chemin sans s’arrêter.
Son méfait accompli, la femme se redressa en grognant. Un nouveau hurlement franchit ses lèvres, résonnant contre les parois des murs environnants. La colère ne l’avait pas quitté. Bien au contraire, elle semblait avoir pris de l’ampleur. Avec un nouveau grognement, elle commença à parcourir les rues à la recherche d’une nouvelle victime, laissant derrière elle une traînée sanguinolente.
Après son départ, un homme sortit à son tour de la ruelle. Sa stature était haute et sa carrure ni trop fine, ni trop musclée. Son corps semblait bien proportionné sous ses vêtements, mais il était difficile d’en voir davantage avec le luxueux manteau qu’il portait. Sa tête était coiffée d’un élégant chapeau qui cachait une chevelure sombre.
D’un pas lent et calculé, il s’approcha du cadavre et un fin sourire étira ses lèvres devant le massacre. Ses yeux bleus brillèrent d’une lueur inquiétante, mystérieuse, mais pleinement satisfaite de l’œuvre de la créature.
— Voyons comment vont se débrouiller ces chiens de l’U.C.A. sur cette nouvelle affaire.
Sur ces mots, il enjamba alors le corps comme il le ferait de tout autre obstacle puis s’éloigna en sifflotant, les mains dans les poches.

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U.C.A – An 2873

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An 2873

Cinq cents ans se sont écoulés depuis le Black-Out Mondial, dit B.O.M, dont l’origine est restée encore inconnue. Tous les systèmes électriques et électroniques indépendants ou non se sont arrêtés au même moment, n’épargnant aucune nation. Cet arrêt brutal engendra des problèmes que beaucoup craignaient de devoir affronter un jour ou dont ils n’avaient même pas conscience avant que l’électricité ne leur soit enlevée. Pour tous, le quotidien en fut chamboulé. Toutes les machines, allant de la simple cafetière à la voiture, en passant par les ordinateurs, cessèrent de fonctionner. Tous les objets contenant de l’électronique devinrent inutilisables. Des maisons explosèrent suite au dégagement de gaz devenu incontrôlable. Dans une dimension plus importante, les moyens de transports, voiture, métro, train, avion, bateaux et autres subirent  le même sort. Des catastrophes, crash, accidents de la route, ferroviaires et maritime se déroulèrent de par le monde. À une autre échelle, les banques, la bourse et autres entreprises financières perdirent leurs données. L’économie de tous les pays disparut en quelques instants, engendrant un nombre incalculable d’émeutes dans le monde. Les systèmes de sécurités et d’armement lâchèrent aussi créant une panique indescriptible dans les  gouvernements. Tous craignaient de perdre le contrôle de leurs armes de types missiles et de les voir se déclencher seuls. Cependant, leurs inquiétudes auraient dû se diriger vers un autre type  d’entreprise : les laboratoires. Pour ces derniers, plus rien ne permettait de contenir les divers germes, bactéries et virus qu’ils stockaient. Partant d’un animal ou d’une personne, certaines maladies se propagèrent et se transmirent à d’autres. Une majorité y laissa la vie. Les pertes humaines furent importantes, malgré les divers moyens mis en œuvre pour contenir les épidémies.
L’un de ces virus qui avaient été découverts quelques années avant le B.O.M se libéra. À la différence d’autres qui avaient besoin d’un hôte pour se propager, il avait la capacité de survivre dans l’air et dans l’eau pendant plusieurs jours. Emporté en dehors des laboratoires  par les vents et les rivières, il se répandit sur la terre entière. Pourtant personne ne se rendit compte immédiatement de l’infection. Contrairement à d’autres micro-organismes, les effets n’entraînaient pas la mort. Il contaminait simplement tout le monde en modifiant le génome humain.
Après le B.O.M, il fallut presque quatre-vingts ans à l’homme pour pouvoir se relever et remettre de l’ordre. Tout le monde fut mis à contribution pour reconstruire tout ce qui avait été détruit. Des techniciens, ingénieurs, scientifiques, mains-d’œuvre furent engagés pour chercher de nouvelles technologies permettant une utilisation sécuritaire de l’électricité. L’économie était repartie à zéro pour tout le monde, les anciens gouvernements se mirent en accord pour supprimer définitivement les frontières, les pays et ne créer qu’une seule et unique nation dont la capitale fut placée à Seattle qui devint New Seattle.
Dans un même temps, le virus qui s’était propagé commença à montrer ses effets. Ils ne furent pas des moindres. En modifiant les gènes, certaines personnes se retrouvèrent à posséder un pouvoir. Ils se mirent à apparaître brusquement et surtout violemment. Les scientifiques commencèrent à en chercher la cause, firent des tests, des analyses. Ils découvrirent rapidement que toute la population possédait en eux le gène dormant. Ce dernier lorsqu’il s’éveillait, conférait un pouvoir, celui-ci différent d’une personne à une autre.
Hélas, au moment de s’activer, ce don semblait entraîner la folie. Si, la personne atteinte ne parvenait pas à se contrôler dans les douze heures suivantes, elle sombrait définitivement. Alors, son instabilité prenait le dessus. Des pulsions meurtrières faisaient leurs apparitions, forçant le malade à utiliser son pouvoir jusqu’au point de rupture. Il se transformait petit à petit en un monstre incontrôlable. Les scientifiques, s’ils avaient connaissance du gène, ils ignoraient comment il se réveillait. Et avec le temps, ils finirent par abandonner les recherches en voyant que cela ne menait nulle part.
Les personnes dont le pouvoir s’était éveillé furent nommées « Actifs » et les autres « Dormants ». Sur la population mondiale, le recensement montra un chiffre de soixante pour cent de Dormants et le reste d’Actifs. Sur les quarante pour cent de ces derniers, quinze pour cent parvenaient à contrôler leur don. Le reste représentait une menace non négligeable.
Le gouvernement décida donc de créer une unité spéciale, agissant indépendamment de la police. Son travail était de surveiller les Actifs qui se maitrisaient, afin qu’ils ne perdent pas la tête un jour. Ils étaient là aussi pour stopper, de quelques façons que ce soit, ceux qui devenaient incontrôlables. Cette organisation fut appelée Unité de Contrôle des Actifs, dit U.C.A. Elle était composée uniquement d’hommes et de femmes ayant réussi à maîtriser leur pouvoir et ayant passé quelques tests afin de vérifier s’ils risquaient de perdre la tête ou non.
L’U.C.A. se composait d’une centaine d’unités réparties dans le monde, chacune de cinq personnes. Pour prétendre rentrer dans cette milice, une école de formation fut ouverte. Elle était là pour former et tester les capacités des prétendants. Seuls les plus aptes physiquement, psychologiquement et intellectuellement étaient engagés pour faire partie d’une unité. Ceux qui ne remplissaient pas toutes les conditions se voyaient offrir un poste administratif au sein de l’U.C.A.
C’était grâce à cette organisation que depuis presque cinq cents ans, la population humaine pouvait vivre en toute tranquillité.

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[Fiche] U.C.A – Unité de Contrôle des Actifs

UCA

Informations générales

Titre : U.C.A – Unité de Contrôle des Actifs
Résumé : An 2873, l’humanité a subi quelques modifications génétiques suite à la libération d’un virus dans l’air. Pour parer à la menace qui pèse sur la population mondiale, une organisation a été créée afin de gérer les êtres nommés « Actifs ». Son nom : l’Unité de Contrôle des Actifs.
Saménès, un jeune homme tout juste sorti de l’académie, se retrouve intégré dans l’une des meilleures unités sous la direction de Kéran. À peine est-il arrivé dans l’équipe qu’une série de meurtres perpétrés par un Actif Non Contrôlable a lieu. Ce qui semble être une enquête de routine va se transformer en une course contre la montre.
Genre : SF, Policier, Mystère, Fantastique, M/M
Date de sortie : 1ier novembre 2017
Nombre de pages : 293 pages
Couverture : Céline P.
ISBN : 978-1973876663
Éditeur: Autoédition (CréateSpace)
Prix version papier : 14,50 €
Prix version numérique : 4 €

Où l’acheter ?
Version papier sur Amazon
Version numérique sur Amazon

Les 3 premiers chapitres  :
An 2873 / Prologue  / Chapitre 1 / Chapitre 2

Extraits :
Extrait 1 / Extrait 2 / Extrait 3 / Extrait 4 / Extrait 5

Voilà !
Si vous avez lu ce roman, n’hésitez pas à me donner votre avis ici.

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Impossible Pardon – Chapitre 2

 « Attention, il s’agit d’une histoire avec présence de romance M/M. Si le genre vous dérange, passez votre chemin.
Vous voilà prévenus. »

ImpossiblePardon

Chapitre 2

Allan arriva devant un immeuble moderne de cinq étages. Il gara sa voiture sur un parking puis en descendit. Il s’approcha de l’entrée du bâtiment et se tourna vers un clavier numérique. Après avoir tapé quatre chiffres, le jeune homme put pousser la porte pour pénétrer dans l’immeuble. Il s’engagea dans la cage d’escalier, gravit les marches deux à deux jusqu’au troisième étage avant de se retrouver dans un couloir gris qu’il longea. S’arrêtant devant une porte, il l’ouvrit puis pénétra dans son appartement.
Le maître des lieux s’avança dans un autre couloir, bien plus court celui-ci, et franchit une porte restée ouverte, menant à une grande pièce. Une immense baie vitrée offrait une lumière chaleureuse et douce. Une partie de la salle avait été aménagée en salon. Dans un coin se trouvait un mini bar. En plein milieu trônait un canapé ainsi qu’un fauteuil, le tout autour d’une table basse. De l’autre côté de la pièce avait été installée une salle à manger. Contre le mur juste en face se dressait un grand meuble vidéo, ayant aussi la fonction de buffet, sur lequel était installée une télévision à écran plasma. À l’opposé de la baie vitrée, un grand aquarium accueillait diverses espèces de poissons multicolores.
Allan s’en approcha, saisit doucement un pot de nourriture pour en verser à différents endroits. Il remua un peu l’eau afin que les animaux vivants au fond puissent aussi se nourrir. Ce rituel terminé, il rangea le pot et se dirigea vers la chambre. Lorsqu’il en ressortit, il était vêtu d’une tenue plus classique, un jean noir et un pull col roulé de la même couleur. Saisissant son duffel-coat, il quitta l’appartement. Il regagna sa voiture pour enfin se rendre sur les lieux des meurtres, un parc situé au bord de la Tamise.
Pour Allan, cette nouvelle mission serait un jeu d’enfant. Les Crimsans n’étaient que des animaux. Ils étaient physiquement puissants, mais leur intelligence plutôt limitée, même  si leur façon de découper les victimes semblait complexe. En réalité, ils fonctionnaient à l’instinct, comme toutes les bêtes. C’était pour cette raison qu’ils n’étaient classés qu’au niveau quatre, sur une échelle de menace pour l’homme qui allait jusqu’à vingt. Généralement, l’enquêteur ne se chargeait que des êtres de niveau quinze à vingt. Ils étaient les plus puissants, les plus dangereux, les plus intelligents et aussi ceux qui se mêlaient sans mal à la population. Toutefois, ces derniers se montraient très calmes, contrairement aux créatures de niveau inférieur à cinq. En ce moment, ces bestioles s’en donnaient à cœur joie, entre massacre sur les humains ou sur les animaux. Le résultat qui en découlait était une surcharge de travail des protecteurs s’occupant de cette catégorie. C’était la raison pour laquelle on faisait appel aux hommes et femmes s’occupant des niveaux supérieurs.
Allan arriva finalement à proximité du parc. Il gara sa voiture au bord du fleuve, observant celui-ci pendant un instant avant de descendre de son véhicule. Il s’approcha de l’eau, sans la quitter des yeux. Il observait le clapotis contre le bord puis son regard se porta sur le ciel. La nuit allait tomber d’ici deux heures, c’était parfait. Les Crimsans chassaient la nuit. Allan n’allait pas attendre longtemps. Il se dirigea vers un banc à quelques pas de lui et s’assit. Il continua à guetter le fleuve.
Tandis qu’un épais brouillard se levait recouvrant la ville de son manteau humide, la nuit s’installa rapidement. Allan commençait à s’engourdir à rester assis. Il décida de se lever afin de se dégourdir un peu les jambes. Tout était très calme autour de lui, il n’y avait pas âme qui vive, que ce soit humain ou autre. Cependant, le jeune homme savait pertinemment que le Crimsan n’allait pas tarder à faire son apparition. Elle devait se nourrir ainsi que le petit qu’elle portait. Allan faisait une proie facile à attraper, elle n’allait certainement pas refuser le petit déjeuner qui lui était offert.
Durant une heure et demie, Allan parcourut le quai de long en large, en restant toujours à proximité de la Tamise, attendant patiemment la venue de l’animal qui se faisait désirer. Il fit une halte à quelques pas du fleuve afin d’observer le courant. Il tenta d’y détecter un mouvement suspect, mais sans résultats. Soudain, un bruit se fit entendre derrière lui, un grognement ressemblant à celui d’un fauve. Allan se retourna rapidement pour faire face à… rien… Il regarda autour de lui à la recherche du Crimsan. Il le savait là, tapi dans l’ombre. Il l’entendait, elle le surveillait. La femelle attendait le meilleur moment pour lui bondir dessus et le tuer. Le jeune homme inspira doucement puis ferma les yeux, se concentrant sur le bruit de ses pas. Il essayait de découvrir l’endroit où elle se trouvait exactement. Brusquement, il pivota sur lui-même tandis qu’il projetait sa main en avant. Une lumière rougeoyante sortit de sa paume. Elle prit la forme d’une lance composée uniquement d’énergie. Allan n’hésita pas un seul instant et l’envoya sur sa cible qui fut projetée contre un arbre.
Le jeune homme s’approcha avec prudence de la créature. Il restait sur ses gardes, certain de ne pas l’avoir tuée du premier coup. Il l’observa avec attention. Elle était un peu plus petite que la moyenne de ceux de son espèce. Elle devait mesurer un peu plus de deux mètres. Sa peau grise et ses dents acérées luisaient sous les lumières des lampadaires, la rendant plus menaçante encore. Elle respirait toujours, cela s’entendait aux grognements qui sortaient de sa gorge. Il fallait la tuer avant qu’elle ne reprenne ses esprits. Un animal blessé était bien plus dangereux qu’un animal sain.
Allan tendit à nouveau la main vers le Crimsan. Une brume d’énergie apparut. Il la lança vers la tête de la bête. Celle-ci explosa dans un amas de chair sanguinolente et de cervelle qui s’éparpillèrent sur le sol du quai.
L’agent baissa la main en soupirant puis saisit son smartphone. Il sélectionna un numéro et appela son contact. Il attendit deux sonneries avant qu’une personne ne décroche enfin.
— Enquêteur numéro six mille cinq cent quarante-trois, Allan Stuart à l’appareil. Le Crimsan est mort. Envoyez une équipe pour récupérer le corps.
Sans attendre de réponses, il raccrocha et rangea son téléphone dans la poche intérieure de sa veste. Il retourna ensuite à sa voiture, où il serait au chaud le temps d’attendre l’équipe de nettoyage.
Bien installé, Allan bascula la tête en arrière en soupirant, exaspéré. Il commençait à en avoir assez de s’occuper de ce genre de missions. Il aimait la difficulté et l’action. Ça lui manquait cruellement depuis quelque temps. Étant l’un des plus puissants, parmi tous les hommes de terrain de l’organisation nommée l’Orchidée Sanglante, il avait l’étrange impression de ne servir à rien. C’était sans compter, ce très mauvais pressentiment qu’il éprouvait depuis déjà quelques jours.
Le calme chez les créatures de niveau supérieur à dix, était anormal. Généralement, les humains subissaient une attaque une ou deux fois par mois et cela faisait trop longtemps que ce n’était pas arrivé. D’autant plus qu’Allan sentait la présence de dangereux spécimens en ville. Ils étaient là, se mêlant à la population, guettant le meilleur moment pour agir. Hélas, l’enquêteur n’avait pas le droit de les attaquer, le règlement de l’organisation l’interdisait. Tant qu’une créature de quelques niveaux que ce soit ne tuait pas, l’éliminer était strictement interdit, et ce même si l’espèce en question représentait une menace. Cette loi agaçait particulièrement Allan pour qui tous ces êtres, venus de différents mondes, représentaient un danger. Pour lui, aucun n’était inoffensif. Surtout pas ceux classés au-delà de dix sur l’échelle de la puissance. Ces derniers avaient la capacité de prendre une apparence humaine. Certains de ces démons étaient à la recherche de nouvelles victimes pour voler leur énergie vitale ou tout simplement pour le plaisir de les tuer. D’autres avaient des projets bien plus sombres encore, comme faire de l’espèce humaine des esclaves, voire pire. Les motifs étaient divers et variés. Toutefois, la majorité ne représentait aucune menace et ne cherchait qu’à vivre en harmonie parmi les humains, en se cachant d’eux, bien évidemment. Il y en avait même qui s’était engagé dans l’Orchidée Sanglante. Mais, aux yeux d’Allan, tous les êtres non humains, y compris les inoffensifs, n’avaient rien à faire sur Terre.
Allan avait pour mission de neutraliser les plus dangereux et de protéger l’espèce humaine. Tel était son devoir, celui de sa famille et celui de l’organisation dont il faisait partie. Tous les membres de cette dernière se transmettaient les pouvoirs de génération en génération, personne n’y échappait. C’était ainsi que cela se passait depuis l’ouverture du premier passage entre les mondes, il y a dix mille ans. Mais depuis cette époque, le groupe avait quand même un peu évolué, acceptant des démons parmi leurs membres. Il n’y en avait qu’un seul qu’Allan acceptait. Mais, les raisons étaient bien différentes.
Le jeune homme soupira longuement en pensant à tout cela. Il s’enfonça doucement dans son siège et ferma les yeux. Il comptait se reposer un peu en attendant l’équipe. Elle mettait trop de temps à son goût. Non qu’il commençait à perdre patience, mais il n’avait pas vraiment envie de passer la nuit dans sa voiture et encore moins dans ce parc.
« Bientôt… »
Allan se redressa brusquement sur son siège en entendant ce mot résonner dans sa tête. Il regarda droit devant lui et aperçut la silhouette d’un homme qui se tenait à quelques pas de son véhicule. Il était bien plus grand que la moyenne, avec des cheveux courts parfaitement bien coiffés et noirs. Il était vêtu d’un long manteau sombre sur un costume couleur de la nuit. Un sourire machiavélique étirait ses lèvres tandis que ses yeux, sanglants, brillaient d’une lueur inquiétante. Allan serra les dents avant de jaillir de sa voiture, mais le temps qu’il sorte, l’homme avait disparu. Il tourna sur lui-même tentant de le repérer, mais ce fut sans résultat, il avait disparu. Un juron de rage lui échappa.
À ce moment, les phares de deux véhicules attirèrent son attention. Il les fixa et lâcha un soupir. C’était l’équipe qu’il attendait depuis un temps indéfini. Une limousine noire les suivait. John descendit de cette dernière et s’approcha de son ami.
— Allan, que vous arrive-t-il ? Vous semblez contrarié.
L’interpellé le fixa en soupirant. Il regarda une dernière fois dans la direction où se trouvait l’homme un peu plus tôt. Peut-être avait-il rêvé ? C’était même certain, il était impossible que ce soit lui. Pourtant cette voix dans son esprit, il ne l’avait pas imaginée. C’était bien la sienne.
— Allan… Qu’avez-vous ?
— Il était là…
— Qui ?
— Den…
John sursauta et se demanda s’il avait bien entendu. Il fixa son vis-à-vis, une expression grave se dessinant sur son visage.
— C’est impossible et vous le savez. Vous l’avez scellé dans une prison d’un autre monde, il y a sept ans de ça. Il est improbable qu’il ait pu s’en échapper.
— Je sais, mais le fait est que je l’ai vu là. C’était lui, j’en suis certain. Je l’ai reconnu. Ce sourire… Ses yeux… Je ne sais pas comment il a fait pour revenir, mais il a réussi.
John regarda l’endroit indiqué par Allan, fronçant un peu plus les sourcils, inquiet. Si son ami avait raison, alors ils risquaient d’avoir de gros problèmes dans un avenir proche. Den chercherait à terminer ce qu’il avait commencé. Si cela venait à arriver…
L’aîné soupira puis secoua la tête. Il ne devait pas penser à cela, il n’était pas certain que ce soit lui. Il ne mettait pas en doute la bonne foi d’Allan, mais avant d’affirmer certaines choses, il fallait les vérifier.
— Je vais prévenir Drew pour qu’il mette deux hommes sur cette affaire, afin de s’assurer que vous n’ayez pas rêvé. Mais, si vos dires s’avèrent exacts alors le monde court un grand danger. Vous savez aussi bien que moi ce qu’il veut. Il fera tout pour l’obtenir. Si jamais, il y parvient, ce sera la fin de l’espèce humaine.
— Je sais… Il a obtenu la première partie, il y a sept ans, mais jamais je ne le laisserai avoir la seconde.
Les deux hommes s’observèrent un court instant. Tous deux étaient aussi inquiets l’un que l’autre. Ils souhaitaient du fond du cœur que ce ne soit pas Den. Finalement, Allan poussa un long soupir avant de s’approcher de sa voiture. Il ouvrit la porte puis observa John avant de monter.
— Je rentre chez moi. Le Crimsan est… un peu partout.
John répondit d’un signe de tête, un sourire étirant ses lèvres. Il regarda le jeune homme monter dans son véhicule, mais avant qu’il n’ait fermé la porte, l’aîné l’arrêta. Il se pencha un peu, le fixant.
— Dès que j’ai du nouveau, je vous contacte.
Allan fit un simple signe de la tête en guise de réponse. Il referma la porte puis fit démarrer son véhicule, enclenchant la marche arrière. Après avoir fait demi-tour, il quitta les lieux et prit la direction de son appartement. Durant tout le trajet, il ne cessa de penser à cette rencontre.

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Merci beaucoup pour vos encouragements et à plus tard pour d’autres histoires.

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Impossible Pardon – Chapitre 1

 « Attention, il s’agit d’une histoire avec présence de romance M/M. Si le genre vous dérange, passez votre chemin.
Vous voilà prévenus. »

ImpossiblePardon

Chapitre 1

Le couloir était relativement sombre. Quelques chandeliers muraux diffusaient une pâle lumière, permettant de distinguer les silhouettes des personnes le traversant, ou bien les quelques peintures accrochées aux murs. Tout était particulièrement calme. Seul le bruit des pas sur le parquet ainsi que quelques murmures troublaient le silence ambiant. Mais, ces derniers étaient relativement rares, comme si parler était interdit. Certains des hommes ou femmes circulaient les bras remplis de dossiers, franchissant les portes qui longeaient le couloir. Tandis que d’autres en sortaient, tout aussi chargés de documents, pour rejoindre d’autres destinations inconnues. Ce petit monde ressemblait à une fourmilière où le travail était maître. À cela s’ajoutait une étrange impression, comme si ces lieux étaient chargés de mystère, comme si de lourds secrets se cachaient derrière chaque mur. L’obscurité du couloir ne faisait qu’accentuer cet effet.
Un homme, aux cheveux sombres, de haute stature et à la musculature apparente, avançait d’un pas vif le long de ce couloir. Ses chaussures résonnaient sur le parquet en un rythme régulier, presque hypnotisant. Comme pour toutes les autres personnes, seule sa silhouette était visible. Cependant, lorsqu’il passait au niveau d’un chandelier, il était possible de distinguer la couleur de son costume, gris acier ainsi que l’éclat d’une petite chaîne argentée pendant à son cou. Il se dégageait de lui une étrange impression, lourde de secrets et de non-dits. Cet effet était encore accentué lorsqu’il croisait des personnes qui s’écartaient rapidement de son chemin, comme effrayées par sa présence. Il s’en suivait des murmures, bruit de petites souris agaçantes, qui le laissaient totalement indifférent. Il continuait à marcher, regardant droit devant lui avec fierté.
Au bout de quelques instants, il arriva au fond du couloir, où se trouvait une immense porte double recouverte de cuir noir. L’homme l’observa un instant avant de poser sa main sur l’une des poignées dorées. Il l’actionna et poussa la porte. Il pénétra dans une vaste pièce ressemblant à une salle de réunion. En son centre trônait une immense table ovale, capable d’accueillir une vingtaine de personnes. Tout au fond, contre le mur, une toile blanche avait été accrochée, permettant de regarder des films, documents, ou de participer à des visioconférences. Le reste du mobilier était relativement sobre : composé d’un secrétaire en bois pour ranger des dossiers et d’un coin-bar. La pièce était éclairée par trois lustres en cristal particulièrement imposant, diffusant une vive lumière.
Un homme, fin presque maigre, de taille moyenne et aux cheveux grisonnants, vêtu d’un costume noir, se tenait assis tout au bout de cette salle. Il devait être âgé de quarante ou quarante-cinq ans. Son regard bleuté était rivé sur ce qui semblait être un dossier. Il le feuilletait avec attention, jusqu’à ce qu’il entende un bruit. Il releva alors les yeux pour observer son visiteur qui s’avançait vers lui d’un pas assuré. La personne, assise, se leva aussitôt pour l’accueillir, lui serrant la main, un sourire étirant ses lèvres.
— Bonjour, Allan, je vous attendais. Comment allez-vous ?
Le dénommé Allan resta de marbre devant le sourire de son vis-à-vis. Il conservait un visage fermé, froid. Son regard vert était à l’image de son expression : dure. Rien dans son attitude ne permettait de définir son âge. Pourtant, il avait un peu plus de trente-deux ans. Il porta très rapidement son attention sur le dossier posé sur la table.
— Bonjour John. Je suppose que c’est l’affaire dont vous m’avez parlé au téléphone.
Sa voix était monocorde, froide, absente de tout sentiment. Cette attitude attira un soupir exaspéré à son aîné. Il saisit le fameux dossier, dont la couverture portait la mention « affaire en cours, catégorie quatre ».
— Ne prenez-vous donc jamais le temps de vous détendre un peu ?
— Depuis quelque temps, non.
Tout en lui répondant, il se passa une main dans les cheveux, tic nerveux. Mais, les mèches rebelles retombèrent aussitôt devant ses yeux durs et autoritaires, que de rares personnes parvenaient à soutenir.
— Je vous écoute John. Quelle est cette mission que vous voulez me confier ?
John fit un signe de totale désapprobation de la tête. Il lui tendit finalement le dossier. Allan le saisit pour feuilleter les documents avec attention. Il contenait plusieurs photos sur lesquelles il s’attarda. Toutes montraient de nombreuses personnes dont le torse avait été ouvert à l’aide d’un objet particulièrement tranchant. Les coupures semblaient nettes. Elles débutaient de chaque côté du corps, au niveau des épaules pour se rejoindre au centre, avant de descendre jusqu’au diaphragme. Elles se divisaient ensuite en deux et terminaient leur course sur les flancs. La peau ainsi que les muscles avaient été écartés pour découvrir l’intérieur des victimes. Cette découpe était digne d’un chirurgien ou plutôt d’un médecin légiste. Elle était absolument parfaite et propre.
Allan observa chaque cliché à plusieurs reprises, avant de repérer un petit détail qui lui fit froncer les sourcils. Il étudia une nouvelle fois toutes les photos pour être certain de ne pas s’être trompé, avant de fixer John, l’air grave. Il lui montra alors l’une des victimes, tout en indiquant de son doigt un point précis de son torse.
— On leur a enlevé le cœur…
John répondit d’un signe affirmatif de la tête puis se leva. Il s’approcha du secrétaire en bois pour saisir un livre et le tendre à Allan. Ce dernier commença à le parcourir tandis que son aîné reprenait la parole.
— Vu la technique employée et les coupures très nettes, nous pensons que c’est un Crimsan.
Allan parcourait attentivement le bouquin. Il le connaissait pourtant par cœur, pour l’avoir déjà lu à de nombreuses reprises. Cependant, cela lui permettait de faire une comparaison sur les modes opératoires de la créature suspectée et ceux utilisés pour tuer les victimes. Cette étude lui évitait de commettre des erreurs de jugement.
— Depuis combien de temps tue-t-il ?
— Il a fait dix victimes en trois jours. Toutes au même endroit.
C’était un nombre assez impressionnant pour un Crimsan seul. Il s’agissait là d’animaux s’apparentant un peu à des varans, au niveau du physique, de l’espèce du Dragon de Komodo. Ils possédaient une mâchoire ornée de dents aussi coupantes que des lames de rasoir de la taille d’un majeur. Ils mesuraient près de trois mètres de long et leurs corps se terminaient par une queue aplatie. Elle leur permettait ainsi de se mouvoir avec une grande vitesse dans l’eau. Leurs pattes faisaient plus penser à des mains, aux doigts énormes, mais très dangereuses. Les griffes longues et tranchantes, en leurs extrémités, avaient la capacité de découper nettement de grandes quantités de chair. Leurs yeux leur offraient la possibilité de voir sous l’eau aussi clairement qu’à l’air libre. Toutefois, ils étaient sensibles à la lumière du jour. Par conséquent, les attaques ne se faisaient que de nuit.
Ces créatures, en général, ne se nourrissaient que d’un cœur par jour, leur estomac étant relativement petit. Ils mettaient du temps avant de digérer ce qu’ils ingurgitaient. Cela leur prenait la journée entière. Durant ce temps, ils étaient contraints de rester au fond de l’eau, à dormir. Les branchies, se situant sur leur dos, leur facilitaient la respiration en milieu aquatique.
Si les Crimsans ne vivaient pas en solitaire, Allan aurait opté pour une attaque de masse. Hélas, ils ne se supportaient pas les uns, les autres. Ils étaient particulièrement territoriaux. Le seul moment où ces animaux se regroupaient, c’était durant la période de reproduction qui avait lieu une fois tous les deux ans.
À ce moment précis, Allan fronça un peu plus les sourcils. Il observa encore les photos et consulta à nouveau le dossier remis par John, pour vérifier un petit détail qui aurait pu paraître peu important au premier abord.
— C’est une femelle qui attend un petit. Connaissant leur mode de vie, cela ne peut être que ça.
— C’est aussi ce que nous avons déduit.
John reprit le livre et le reposa sur le secrétaire avant de se tourner vers Allan. Ce dernier continuait de feuilleter le dossier. Il détecta comme une sorte lassitude dans son regard. Il en connaissait l’origine. John s’approcha de lui et posa une main sur son épaule, attirant son attention.
— Je sais que ce n’est pas un travail très gratifiant pour vous. Mais, je ne peux pas confier une créature de quatrième catégorie à un jeune qui vient d’arriver. Et, tous nos autres hommes sont sur d’autres affaires.
Allan lui répondit simplement d’un signe de la tête, lui faisant comprendre qu’il savait déjà tout cela. John n’avait pas besoin de le lui répéter comme il le faisait souvent depuis déjà trois mois.
Le jeune homme referma le dossier avant de le glisser sous son bras. Son regard se planta dans celui de son supérieur, toujours froid et distant.
— Bien, je vais me rendre sur place et attendre bien sagement que notre monstre daigne se montrer.
John acquiesça de la tête avant de le regarder s’éloigner. Allan quitta la salle de réunion dans le plus grand silence. Il emprunta le couloir en sens inverse, marchant toujours au même rythme. Il atteignit l’autre extrémité où se trouvait un large escalier en pierre. Le jeune homme tourna à gauche, montant les marches rapidement deux par deux. Il arriva devant un autre couloir plus petit que le précédent. Il longea celui-ci pour arriver finalement dans le grand hall d’un manoir, typiquement anglais en raison de sa décoration.
Indifférent à ce qui l’entourait, Allan se dirigea vers la sortie, ne se souciant pas des personnes présentes qui s’étaient arrêtées pour le regarder et discuter dans son dos. C’était devenu une habitude depuis déjà pas mal d’années maintenant. Le mystère qui l’entourait faisait marcher les rumeurs et autres potins, tous aussi mensongers les uns que les autres.
Une fois à l’extérieur, il inspira profondément, se sentant brusquement plus libre, plus détendu. Un homme s’approcha de lui pour lui tendre un trousseau de clés qu’il saisit. Il se dirigea ensuite vers son véhicule, s’installa derrière le volant puis démarra. Il prit la direction d’un des quartiers résidentiels en bordure du centre-ville.

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Impossible Pardon – Prologue

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ImpossiblePardon

Prologue

La nuit avait recouvert Londres de son manteau sombre depuis déjà cinq heures, laissant la vie nocturne reprendre ses droits. Tout était particulièrement calme dans les rues de la ville, la majorité des habitants étant déjà partis se coucher, récupérant de leur journée de travail et se préparant à la prochaine. Certaines personnes demeuraient cependant dans les rues, pour la plupart des sans-abri ou bien des couches tard, tous désireux de faire un peu la fête avant de rejoindre Morphée dans son univers. La capitale du Royaume-Uni ressemblait à toutes les autres grandes villes du monde dès que la nuit tombait. Son centre se parait de mille couleurs provenant des monuments, des panneaux publicitaires ou tout simplement des quelques véhicules circulant. Les quartiers résidentiels ainsi que toute la périphérie restaient très sombres, les rendant presque inquiétants.
Le ciel, au-dessus, de Londres était chargé de nuages menaçants qui, de temps à autre, s’illuminaient d’éclairs, signe annonciateur d’un bel orage. Ils se faisaient toujours plus nombreux, zébrant la voûte obscure avant de disparaître comme par enchantement, phénomène encore méconnu et craint de beaucoup de personnes. Quelques gouttes d’eau commencèrent à tomber, peu nombreuses au début, mais se transformant très rapidement en un véritable torrent, rappelant celui du Déluge. Les quelques passants flânant encore se mirent à courir pour s’abriter de cette averse, pendant que les sans-domiciles se protégeaient comme ils le pouvaient avec des cartons ou des journaux, piètre rempart devant cette pluie diluvienne.
Alors que l’orage faisait rage sur Londres, un éclair, plus lumineux que les autres et bien plus gros, s’abattit sur le toit d’un des immeubles les plus hauts de la ville. Le quartier fut plongé l’espace d’un instant dans l’obscurité la plus totale. Mais, très rapidement, le courant revint, illuminant à nouveau les rues. Tout sembla rentrer dans l’ordre. Pourtant, sur le toit du bâtiment, une lumière rougeoyante subsistait, ressemblant étrangement à de la lave en fusion.
Cette dernière commença alors à disparaître, comme aspirée vers son propre centre pour laisser apparaître une silhouette : celle d’un homme ornée d’une paire d’ailes aux plumes aussi sombres que la nuit. Cet être, aux cheveux courts couleur ébène, se tenait un genou posé au sol, légèrement replié sur lui-même. Il portait un pantalon noir déchiré par endroit et un long manteau de la même couleur tout aussi usé. Il se redressa lentement, s’étira, avant de s’approcher du bord de l’immeuble. Son regard rouge sang se posa alors sur la capitale. Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres.
— Me voici enfin libre… Cela fait si longtemps… Je vais pouvoir prendre ma revanche et colorer de sang cette immonde cité humaine.
L’homme leva les bras au ciel pour s’étirer tandis que les éclairs redoublaient dans le ciel, s’abattant sur lui, sans que cela lui fasse le moindre effet. Il baissa ensuite les mains, son regard se reportant sur la ville. Il posa un pied sur le rebord du bâtiment avant de prendre appui de son bras sur son genou. Il observait les environs à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Quand il le trouva, il déploya ses ailes et se laissa tomber avant de disparaître comme par magie.
Non loin du lieu où se trouvait le nouveau venu, la silhouette d’un homme sortit de l’ombre. Une petite chose ronde, couverte de poils, aux ailes de chauve-souris virevolta autour de l’inconnu. Il tournoya un peu, s’avança vers le rebord de l’immeuble puis revint doucement à son point de départ.
— Tu es certain de ton coup ?
— Oui.
— Tu es sûr que ce n’est pas une erreur ou un mauvais calcul ?
— Absolument pas. Je suis certain qu’il sera à la hauteur de mes espérances.
— Hm… J’espère que tu ne te trompes pas.
— Ai-je déjà commis une erreur par le passé ?
— Oui… Erthan…
— Hm ! Fais-moi confiance. Nous allons avoir droit à un spectacle de premier ordre. Je suis certain que ces petites fourmis vont s’agiter en découvrant cette nouvelle menace.
La boule de poils ne répondit pas. De petites pattes apparurent sous son corps arrondi. Elle se posa sur l’épaule de son compagnon non sans un soupir de dépit.
— Rentrons… Nous regarderons l’évolution de la situation dans quelques jours.
Aussitôt dit, les deux êtres disparurent comme par magie.

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